SAGA de l'AALVP : 2008


46) accueil lors des portes ouvertes

En mars 2008, rencontre avec l'AALVP au lycée dans le cadre de la journée portes ouvertes. Georges Gille dédicace également son livre "Un printemps au lycée Voltaire".


47) doillon et ping-pong en mars 2008

1ère contact avec Jacques Doillon (ancien élève) à la Cinémathèque française, et le classique tournoi annuel de ping-pong (6 participants)


48) juin 2008 : Concert "voltaire back to 68"

Jean-Pierre BUCOLO, Michel HAUMONT, Jean-Claude RAPIN, Laurent ROUBACH, et Jack ADA, sont des guitaristes professionnels, tous anciens élèves du lycée Voltaire !

C'était le 3 juin, à l'Archipel, un concert en présence de nombreux "voltairiens" dans la salle. Deux heures extraordinaires, durant lesquelles les allusions au lycée Voltaire furent nombreuses et... joyeuses. Extraits :

... et nouvelle visite du lycée


49) rééDITION DE "LA FAUTE à voltaire"

Le samedi 22 novembre 2008 en présence de l'auteur, eu lieu le lancement de la réédition (financée par l'AALVP avec l'aide des célèbres éditions Sudel) de l'incontournable livre de Nelcya Delanoë sur les années post-68 au lycée Voltaire, sorti initialement en 1971.

La séance de dédicace se déroula en présence des nombreux anciens élève de Nelcya Delanoë.

Extrait : [...] Un jour, un petit monstre de sixième, aux cheveux longs et à l'allure hardie, porta le conflit à son comble. Il aimait vendre la Cause du Peuple à la sortie du lycée avec les grands, et certains voyaient dans cette collaboration une véritable oeuvre de perversion de la jeunesse par la jeunesse. Le censeur crut de son devoir de convoquer l'enfant dans son bureau pour lui faire la morale, le rappeler à la raison, et lui demander d'aller jouer avec ses petits camarades. Plus question de traîner avec les grands au foyer « sauvage » ou de participer à des ventes avec eux. Ce qui se passa exactement en ces lieux augustes demeure confus. Tout ce que l'on sait, c'est que le gamin ressortit en braillant comme un veau que le censeur lui « avait foutu une baffe ». Il hurlait, pleurait, gémissait, « évidemment c'était pas difficile de torturer un gosse quand on était un homme, et caché dans un bureau », et d'ameuter tous ses protecteurs. En quelques instants, ce fut le branlebas de combat : les maos rédigèrent une affiche qui insultait le censeur en des termes d'un crétinisme rayonnant « Nazi, S.S., bourreau d'enfant », le défiait, comme dans un mauvais western italien.

« Qu'il vienne s'expliquer à 10 heures dans la cour, devant tout le monde », et enfin lui réservait le sort digne de tous les traîtres. « Il sera pendu avec les tripes de... ».

Le môme avait séché ses larmes, tout le monde était très content, les classes étaient vides, on tournait en rond, en attendant, non sans une certaine jubilation, l'heure de la confrontation entre les masses et le pouvoir. Et devinez ce qui arriva ? Le pouvoir se déroba, bien sûr. Le censeur ne se présenta pas à dix heures dans la cour pour avoir une explication franche et loyale avec ses administrés. Alors la colère s'empara desdits administrés dont la patience était à bout et ils marchèrent sur le bureau du censeur, pour le pendre bien sûr.

« Le problème, c'est qu'on n'avait pas de corde, m'enfin, c'était pas important et puis de toute façon, on n'y a pas pensé sur le moment... ».

Ils se pressaient, se bousculaient, mi-vengeurs mi-incrédules tandis que le p'tit n'en menait pas large. Arrivés devant la porte du bureau du censeur, ils se heurtèrent à un mur solide, compact, infranchissable, de professeurs et d'élèves. Il faudrait leur passer sur le corps... Contre ce rempart vint mourir la vague des justiciers ; après une ou deux escarmouches et quelques coups de poing désordonnés, le bon droit et le bon sens l'emportèrent. Désarçonnés par la fermeté d'une riposte à laquelle ils n'avaient pas songé un instant, ils battirent en retraite.

Le môme avait quant à lui tout de suite compris et disparu sans demander son reste.

L'incident était clos : le corps enseignant, soutenu par quelques représentants dynamiques de la jeunesse lycéenne, avait mis en déroute les barbares.

A l'heure du déjeuner, je descendis à la salle à manger ; l'émotion était à son paroxysme et j'appris par bribes ce qui s'était passé et dont j'ignorais tout, puisque j'avais passé la matinée dans le petit secteur, parfaitement paisible au demeurant.

L'alerte avait été chaude et les commentaires allaient bon train. « Ah, les petits salauds », on roulait encore des épaules, tout échauffés et fiers d'une musculature qui n'avait pas fait défaut. Ces dames étaient au bord de la crise de nerfs, elles n'oseraient plus traverser la cour de peur d'être molestées et, en attendant, elles n'avaient plus d'appétit. Enfin, on convenait à l'unanimité qu'il n'était plus possible de faire cours dans ces conditions. D'ailleurs il fallait bien reconnaître qu'en gros le lycée ne fonctionnait plus depuis maintenant plusieurs semaines. Le pot aux roses était donc découvert et chacun de confier les misères qu'il avait tenté de dissimuler de son mieux jusqu'à ce jour. Tout y passait : leur tenue vestimentaire, leur façon de se comporter, leurs absences, leurs insolences ; on en vint bien sûr au récit des perles, des âneries, des bourdes, « et un tel qui croyait que Pittsburgh était au bord de la mer ! ». On passa en revue les insanités, les insultes et graffitis en tous genres. Elles ont provoqué dans l'ensemble une telle ire que j'ai tenté de les relever pour en avoir le coeur net.

Sur les murs extérieurs du foyer, on pouvait lire : A bas l'administration flic. Zone à libérer - Les Maos. Lycée agité.

Et à l'intérieur : Veber, la prochaine fois, on va pas te louper. Plus jamais obéir à personne. Prendre le temps de vivre. Sperme violence barbaque [...].

L'A.G. 2008 de l'AALVP se déroula à la suite de cette rencontre du 22 novembre.