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Film : visite du lycée

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Livres

Par Léon Zampa, concierge au lycée de 1914 à 1942.
Propos recueillis par Claire Giraud-Héraud et Fahima Baziz,
élèves de 1ère B4 au lycée Voltaire en 1989.
(extrait du livre du centenaire, éditions "le livre de l'année" 1989)

Etienne Zampa, le père de Léon que nous avons rencontré, fut concierge au lycée de 1914 à 1942, Ses fonctions : recevoir et orienter les élèves visiteurs, répartir le courrier. Son rôle était primordial, puisqu'il était responsable des sorties des élèves, mais il n'avait pas à contrôler les entrées : le problème de l'introduction de personnes étrangères à l'établissement ne se posait guère, en partie parce que les effectifs étaient plus faibles qu'aujourd'hui. La barre des 1000 élèves (classes primaires et secondaires confondues) a été atteint en 1920. En effet, le lycée était payant et seuls les élèves assez "bourgeois" pouvaient y accéder. Certains même, aimait raconter Etienne Zampa, se permettaient de venir au lycée en voiture de maître avec chauffeur. Léon, son fils, put poursuivre sa scolarité au lycée de 1916 à 1927 parce qu'il était le fils du concierge.

Le lycée alors n'était pas mixte, mais un cours secondaire de jeunes filles fut créé le long de la rue Spinoza où enseignaient les professeurs de Voltaire. C'est après l'inauguration d'Hélène Boucher qu'il fut supprimé. En ce temps-là, tous les élèves avaient le même emploi du temps. Les cours commençaient à 8h30 et se terminaient à 16h 30 avec une pause de pour le déjeuner. Une étude surveillée accueillait les élèves à 8 heures le matin et jusqu'à 18 h le soir. L'administration offrait un goûter, du thé et des tartines, aux élèves qui y restaient. La discipline était assez stricte, le bavardage et l'indiscipline sanctionnés par une colle le jeudi. Chaque trimestre, les élèves avaient une composition par matière. La distribution des copies faisait l'objet de tout un cérémonial. Les premiers et seconds dans chaque matière étaient invités le jeudi de la Saint-Charlemagne où leur étaient offerts goûter et spectacle.

Chaque année, une solennelle distribution des prix récompensait les meilleurs élèves. Tout le monde y était convié, mais seules les familles dont les enfants étaient primés s'y rendaient. La cérémonie, si on en croit les souvenirs de Léon Zampa, débutait par une fanfare militaire jouant La Marseillaise pendant qu'entrait le cortège de professeurs en robe de différentes couleurs selon leur discipline, avec un jeté en hermine, précédé par le proviseur et le censeur. Le proviseur ouvrait en général la cérémonie qui était présidée par une personnalité généralement extérieure à l'établissement, Un professeur, le plus souvent de lettres, lisait un long discours. Puis le censeur lisait le palmarès et les élèves recevaient leurs prix. Cette cérémonie tenait une grande place dans la vie du lycée. Le gymnase était pour l'occasion décoré, et l'administration consacrait de grosses sommes à l'organisation de la cérémonie et à l'achat de beaux livres. Le cérémonial fut allégé peu avant la Seconde Guerre mondiale, et les distributions des prix définitivement supprimées après Mai 1968.

De la Seconde Guerre mondiale, Léon Zampa se souvient de l'accueil de réfugiés sur le chemin de l'exode, d'une très brève occupation par les Allemands. Le portrait de Pétain fut accroché dans toutes les classes. Quant aux actions patriotiques dans le cadre du lycée, Léon Zampa n'en garde aucun souvenir.

A nous, élèves au lycée en 1989, l'interview de Monsieur Zampa nous a montré à quel point la vie du lycée avait changé. Certaines pratiques, comme la distribution des prix ou le contact familier entre les responsables du lycée et les élèves, ont disparu. La surveillance des entrées et des sorties s'est en revanche accrue, car des "intrus" se permettent de pénétrer au lycée. Le nombre d'élèves ayant considérablement augmenté, les liens entre ceux qui fréquentent le lycée sont devenus surperficiels.