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Article de Christel Brigaudeau - 14 Nov. 2015 - LE PARISIEN

Paris (XIe), ce matin. Les portes du lycée Voltaire étaient closes comme dans tous les établissements scolaires d’Ile-de-France. Le rectorat a communiqué toute la nuit avec les directions. D’autres instructions sont attendues ce week-end quant à la réouverture, ou non, des écoles lundi. Informés, peu d’élèves se sont présentés ce matin.

Paris, ce matin. Habituellement, le samedi à 8 heures, environ 300 élèves discutent et se rassemblent par grappes, sur le large trottoir de l'avenue de la République (XIe) avant de rallier le lycée Voltaire pour les cours d'avant-week-end.
Mais ce matin, la grande porte bleue, dominée par le buste du penseur des Lumières, s'est fermée à 8 h 30 sans que personne n'en ait franchi le seuil : comme tous les établissements d'Ile-de-France, cette cité scolaire de 1 200 élèves est restée « exceptionnellement fermée », comme l'indiquent les affichettes imprimées dans la nuit par le personnel de direction.

Le message est aussi passé par mail et par des SMS envoyés dans la soirée à tous les parents. « Malheureusement, on sait faire : les attentats de janvier nous ont appris. L'académie a été très réactive », constate la proviseur (syndiquée au SNPDEN), Christel Boury. Le lycée était déjà en première ligne il y a onze mois : le siège de « Charlie Hebdo » est à proximité, et des élèves habitent dans la zone de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes. Hier encore, la mort a frappé tout près. « Ma grosse inquiétude, c'est de savoir si des gamins ont été blessés ou tués, soupire la proviseur, café en main devant l'entrée de son lycée, les traits tirés par une nuit presque blanche. Concernant la fermeture de l'établissement, le message a l'air d'être passé. » Pas pour ce grand ado en sweat rouge, qui avance sur l'avenue avec son sac à dos sur l'épaule. Il s'arrête, interdit, devant l'affiche et la proviseur : « Y a pas cours ? » C'est par la bouche de la proviseur qu'il apprend les attentats d'hier. Elle hésite une seconde, le temps de trouver les mots : « Il y a eu des attentats à Paris... assez graves... Rentre chez toi directement, dépêche-toi », lui conseille-t-elle. Il tourne les talons et se hâte, interdit.

Hier soir, deux classes du lycée étaient en sortie scolaire dans des théâtres des environs, notamment à Vincennes, pendant les attaques. Les enseignants et les élèves ont pris connaissance des événements à 23 heures, en sortant du spectacle. La ligne 1 du métro était coupée. « Les professeurs ont très bien réagi : ils ont organisé un pont de voitures avec les parents qui en possèdent une pour raccompagner les élèves chez eux et les mettre en sécurité, relate Christel Boury. Ça a duré jusqu'à 1 h 10 du matin. »

Depuis les attentats de janvier, tous les enseignants possèdent le numéro de portable de la direction pour s'informer et prévenir en cas d'attaque. Le rectorat a aussi envoyé des messages réguliers aux établissements scolaires dans la nuit ; d'autres instructions sont attendues au cours du week-end pour décider de l'ouverture ou non des salles de classe ce lundi. « On a tiré les leçons des précédents événements : pendant l'attaque contre Charlie, on avait su qu'il se passait quelque chose seulement quand l'avenue avait été bouclée par la police, en plein pendant l'heure de sortie des élèves à midi », se souvient la proviseur. Deux jours plus tard, lors de la prise d'otages à l'Hyper Cacher, l'établissement avait été confiné. « On était une dizaine d'adultes à bloquer les portes : des élèves qui vivaient là-bas voulaient sortir absolument, ils étaient au bord de la crise de nerfs. C'était très dur. »

A nouveau, professeurs et direction se préparent à prendre de plein fouet l'émotion et la peur des élèves, notamment les plus jeunes collégiens, quand les cours et la vie reprendront, en dessous du buste de Voltaire.

> Article du Parisien