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Film : visite du lycée

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La vidéo du centenaire du lycée Voltaire (juin 1989) a été numérisée.
Sont visibles sur ce film -entre autres- d'anciens proviseurs  (MM. Guillotin, Geairain), d'anciens professeurs (Darbois, Bouet, Léonard, Brunet, Marie, Krast, Sawicki, Bugnon, Minaeff...) ou personnels de l'établissement (Ménager, Del Pino, Moulène...). Une quarantaine de personnes identifiés (liste sous la vidéo).
> Le film de 40 mn (dans Archives-vidéo de l'Espace Adhérents).

> Le discours de M. Geairin, proviseur :

> Le discours de M. Geairin, proviseur, le 3 juin 1989 :

Messieurs les Ministres
Messieurs les Députés
Mesdames et Messieurs les élus et représentants des collectivités locales
Monsieur l'Inspecteur d'Académie représentant Madame le Recteur
Mesdames et Messieurs Membres de corps de l'Inspection
Messieurs les Présidents des Associations
Mesdames et Messieurs
Mes chers Collègues

Nous remercions tous ceux qui nous ont permis de mettre en oeuvre les différentes manifestations du centenaire qui se sont déroulées, qui se déroulent, qui se dérouleront sous le haut patronage d'un ancien de "Voltaire", le Professeur André LWOFF, Prix Nobel de Médecine et de Physiologie, qui nous fait le grand honneur d'être des nôtres aujourd'hui.
Nous avions souhaité que cette réception ait lieu dans cette cour centrale dite d'honneur à laquelle il a été donné le nom de Raymond Travers professeur d'allemand, résistant du maquis de l'Yonne, mort au champ d'honneur en 1944 dont la soeur est venue tout spécialement de Bergerac afin d'être parmi nous en ce jour et que nous saluons avec émotion. La lecture du livre du "centenaire" de Voltaire révèle une tradition disparue après la "Grande Guerre". "Vers la fin de l'année scolaire -j'avais écrit aux beaux jours..., cette cour devenait une cour de fête, des manèges y étaient installés et elle était ouverte aux habitants du quartier qui pouvaient entrer dans leur lycée".
La création d'un établissement de cette superficie 17 840 m2, typiquement XIXe siècle dans les quartiers populaires, au pied des collines de Belleville et de Ménilmontant correspondait en effet à une volonté politique, à laquelle on attache le nom de "Jules Ferry", de favoriser l'instruction et par conséquent de former des hommes libres, des citoyens. Symboliquement les travaux du Lycée Voltaire dépendront du prolongement de l'Avenue de la République.
En un siècle, surtout après le cataclysme des deux guerres mondiales, que de bouleversements ! et pourtant, quelle continuité !
Il est toujours question d'un rééquilibrage de l'Est-Parisien par rapport à l'Ouest.
Nos élèves sont toujours, en majorité domiciliés dans les XIe et XXe arrondissements. Ce qui implique que le choix des options qui déterminera leur avenir est fonction des enseignements dispensés localement.
Il a fallu, il faut, il faudra constamment insister sur les nécessités locales et le meilleur argument est la réussite dans la vie professionnelle, dans la vie tout court des anciens Voltairiens. Evidemment il y a des évolutions, des adaptations nécessaires. Les périodes pendant lesquelles elles se réalisent sont toujours difficiles mais il faut être optimiste car l'oeuvre éducative réalisée, nous pouvons en être fiers. Encore, faut-il faire connaître à l'extérieur nos réalisations, nos objectifs. Je donne un exemple personnel. Lorsqu'à la demande de M. Dreyfus, Directeur des Personnels, j'accepte de prendre la direction de cet établissement, je ne le connais que par la rumeur publique "post-soixante huitarde" et le livre très engagé d'une collègue, Mme Nelcya Delanoë "La faute à Voltaire". Mon prédécesseur et ami Guillotin me parle de l'activité artistique de l'établissement, des expositions de dessins qui ont lieu tous les deux ans, de son cercle théâtral, des spectacles musicaux. Je pense qu'il s'agit d'activités récréatives concernant peu d'élèves comme il y en a dans la plupart des établissements. Ce n'est que par la suite que je réaliserai qu'il s'agit de la mise en oeuvre d'un des objectifs de ce lycée : favoriser l'insertion des élèves dans le monde professionnel comme dans la société, par un apport culturel que l'expérience révèle comme déterminant. Les festivités auxquelles on assiste régulièrement et tout particulièrement dans cette année 1989 -je cite entre autres les expositions, celle de dessin bien sûr, "Et Juillet devint Thermidor" de Soisik Moreau, le spectacle de l'atelier de musique sous la responsabilité de M. Bugnon en collaboration avec le Lycée Camille Sée- sont le fruit d'un travail en profondeur qui nécessite la participation active de tous les éducateurs,. Sans l'exprimer "nous enseignons autrement". Notre objectif est précis, faire que des adolescents aillent spontanément visiter un musée, pousser la porte d'une galerie de peinture, se rendre au concert.
Lors de sa création notre lycée n'avait droit qu'à l'enseignement dit spécial, autrement dit un enseignement qualifié de moderne, sans latin, ni grec et avec un nombre restreint de langues vivantes. C'est petit à petit que s'implanteront les langues anciennes puis les langues vivantes dites rares qui avec les options artistiques font la personnalité du Lycée Voltaire. C'est cette voie qu'il nous faut continuer de suivre. Avec plus de deux mille élèves, nous avons atteint, cependant, un seuil qui risque de freiner notre action, en faveur surtout des élèves les moins favorisés sur le plan culturel. Il nous faut donc accepter une révision de l'équilibre 1er cycle 2d cycle. Nous ne sommes plus au 19e siècle où un nombre limité d'enfants entraient dans le second degré. Dorénavant, l'ambition de la Nation est que ses filles et ses fils doivent poursuivre le plus possible leurs études afin de mieux s'adapter à un monde où les mutations s'accélèrent. "Voltaire" n'est plus, ne peut plus être l'établissement d'accueil de tous les enfants du quartier entrant en "6e". Il est et devra être surtout l'établissement qui accueille des élèves en "seconde" ou dans des formations post-baccalauréat de l'Est-Parisien.
Le problème est de savoir, A quel rythme ? et dans quelles conditions matérielles et psychologiques cette nécessaire adaptation se fera.
Nous serions, croyez-moi, bien mélancolique si nous n'avions aujourd'hui qu'à méditer sur le temps passé. Nous sommes loin du déclin. Les tâches qui nous attendent sont différentes de celles accomplies par ceux qui nous ont précédés. Que les anciens se rassurent, nous saurons y faire face.
M. René Geairain, le 3 juin 1989